Asta Partners
Marchés publics

Ce qui fait perdre un appel d'offres

Ce qui élimine avant la notation, ce qui coûte des points pendant, et les deux fautes qui reviennent le plus.

Écrit par les consultants d'Asta Partners, à partir des dossiers que nous reprenons. Une part importante des échecs n'a rien à voir avec la qualité de l'entreprise : ce sont des erreurs de procédure ou de registre.

Les erreurs qui éliminent avant notation

Ces dossiers ne sont pas notés. Ils sont écartés à l'ouverture, et l'acheteur n'a aucune marge d'appréciation.

  • Le dépôt hors délai. À la minute. Un dépôt entamé avant l'heure limite mais achevé après est refusé.
  • L'absence de signature, ou une signature au mauvais format. Le règlement précise le format attendu ; un certificat expiré produit le même effet qu'une absence de signature.
  • Une pièce de l'offre manquante. Contrairement à la candidature, l'offre ne se régularise pas.
  • Le non-respect d'une exigence « à peine d'irrecevabilité ». Ces mots figurent dans le règlement : ils appellent une relecture ligne à ligne.
  • Une variante non autorisée proposée à la place de l'offre de base.

Les erreurs qui coûtent des points

Ici l'offre est notée, mais elle perd du terrain sur des points évitables :

  • Un mémoire qui suit son propre plan au lieu de suivre les sous-critères annoncés. L'évaluateur note critère par critère : ce qu'il ne trouve pas à sa place, il le compte comme absent.
  • Des affirmations sans preuve. « Une équipe expérimentée » ne vaut rien ; « quatre compagnons, dont deux titulaires de telle qualification, ancienneté moyenne de neuf ans » vaut des points.
  • Un planning irréaliste, ou incohérent avec les moyens décrits juste avant.
  • Des références hors sujet — trop anciennes, ou dans un autre domaine que celui du marché.
  • Un document illisible : scan de travers, pas de sommaire, quarante pages sans titres. L'évaluateur lit vite.

Le mémoire technique générique

C'est la faute la plus répandue, et la plus coûteuse. Le mémoire recopié d'un dossier précédent se repère en trois lignes : il parle de l'entreprise au lieu de parler du marché.

Les signes qui trahissent : aucune mention du site, de la collectivité ou des contraintes propres à la consultation ; un plan identique à celui du dossier d'avant ; parfois — nous l'avons vu — le nom d'un autre acheteur resté dans le texte.

Un mémoire générique n'est pas seulement mal noté. Il indique à l'acheteur que le marché ne vous intéresse pas particulièrement, ce qui pèse sur les critères d'appréciation qualitative.

Le prix qui décrédibilise l'offre

Le prix ne se juge pas seul : il se juge par rapport à ce que le mémoire promet.

Une offre très basse accompagnée d'un mémoire décrivant des moyens importants n'est pas crédible — et une offre anormalement basse peut être rejetée, après que l'acheteur vous a demandé de la justifier. À l'inverse, un prix élevé sans justification technique dans le mémoire perd sur les deux tableaux.

La cohérence se vérifie en relisant le mémoire et le bordereau côte à côte, avant dépôt. Si les moyens décrits ne se retrouvent pas dans le prix, l'un des deux est faux.

Cette liste vous dit quoi chercher. Elle ne relit pas votre dossier — or ces erreurs sont, par nature, celles que leur auteur ne voit plus. Un regard extérieur avant dépôt coûte une fraction du temps déjà investi.

Faire relire votre mémoire technique

Un consultant du secteur le reprend avant dépôt.