Le mémoire technique dans les marchés de travaux publics
VRD, terrassement, signalisation temporaire, gestion des déblais : ce qui distingue un mémoire de travaux publics.
Écrit par les consultants d'Asta Partners. Les travaux publics se répondent différemment du bâtiment : l'intervention a lieu sur l'espace public, et la gêne aux usagers devient un critère à part entière.
Ce que ce secteur exige en plus
Quatre sujets pèsent ici alors qu'ils sont secondaires ailleurs :
- Le maintien de la circulation. Piétons, cycles, véhicules, accès riverains, transports en commun, collecte des déchets. C'est fréquemment le sous-critère le mieux doté d'un marché de voirie.
- La signalisation temporaire. Schémas de principe par phase, conformité à l'instruction interministérielle, qui pose et qui contrôle.
- Les réseaux existants. DT-DICT, repérage, précautions à proximité des ouvrages sensibles, conduite à tenir en cas d'endommagement.
- La gestion des déblais. Volumes, filières, traçabilité, et de plus en plus le réemploi sur site.
Les preuves attendues
La qualification de référence est la nomenclature FNTP, souvent citée par code précis. Comme dans le bâtiment, l'équivalence est recevable et se démontre.
Ce qui est spécifique aux travaux publics, ce sont les preuves de gestion des terres. Attendez-vous à devoir produire :
- le bilan des mouvements de terre — déblais, remblais, apports extérieurs ;
- les exutoires envisagés, nommés, avec leur capacité d'accueil ;
- la traçabilité : bons de pesée, registre, suivi des évacuations ;
- la part de réemploi sur site, qui rapporte des points sur le critère environnemental ;
- les autorisations de voirie et arrêtés de circulation à obtenir, et par qui.
Le parc matériel compte davantage qu'en bâtiment : engins de terrassement, compacteurs, matériel de rabattement de nappe. Précisez l'année et l'état, pas seulement la quantité.
Les erreurs propres au secteur
- Traiter la circulation en généralités. « Nous mettrons en place une signalisation adaptée » ne vaut rien. Un schéma par phase, même sommaire, vaut des points.
- Oublier les riverains et les commerces. Sur une voirie de centre-bourg, le maintien des accès commerciaux est souvent le vrai sujet politique de l'acheteur.
- Sous-estimer la coordination avec les concessionnaires. Eau, gaz, électricité, télécom : leurs interventions conditionnent votre planning et vous n'en avez pas la maîtrise. Le dire, et prévoir des marges, est plus crédible que de l'ignorer.
- Un planning sans aléa météo. Un terrassement dépend des conditions ; un planning qui n'en tient aucun compte n'est pas crédible aux yeux d'un maître d'œuvre expérimenté.
Un exemple de trame adaptée
Sur un marché de réfection de voirie en agglomération, l'ordre qui fonctionne le mieux :
- compréhension : nature de la voie, trafic, riverains, commerces, contraintes de l'acheteur ;
- organisation et encadrement : conducteur de travaux, chef de chantier, interlocuteur unique ;
- phasage et maintien de la circulation, phase par phase, avec schémas ;
- signalisation temporaire : principes, mise en place, contrôle, adaptation ;
- réseaux : DT-DICT, repérage, précautions, conduite en cas d'incident ;
- déblais et réemploi : bilan des mouvements, filières, traçabilité ;
- nuisances et information des riverains : bruit, poussière, accès, communication ;
- références en voirie urbaine comparable, avec contacts.
Cette trame vaut pour un marché de voirie courant. Elle ne dit pas comment votre règlement pondère le maintien de circulation par rapport au délai, ni quel niveau de détail votre maître d'œuvre attend sur les schémas — c'est une lecture de DCE.
Faire relire votre mémoire technique
Un consultant du secteur le reprend avant dépôt.