Asta Partners
Marchés publics

Le mémoire technique dans les marchés de espaces verts

Gestion différenciée, zéro phyto, calendrier d'entretien : ce que les collectivités attendent d'un mémoire d'espaces verts.

Écrit par les consultants d'Asta Partners. C'est le secteur où les attentes ont le plus changé en dix ans : un mémoire écrit comme en 2015 se fait distancer sur le critère environnemental, qui pèse souvent davantage que le prix.

Ce que ce secteur exige en plus

Deux évolutions réglementaires ont redéfini le métier, et les acheteurs publics notent en conséquence.

Le zéro phyto. Les personnes publiques ne peuvent plus utiliser de produits phytosanitaires sur la plupart des espaces verts et voiries. Ce n'est plus un engagement volontaire : c'est le cadre. Un mémoire qui mentionne encore un désherbage chimique se disqualifie seul.

La gestion différenciée. Tous les espaces ne sont plus entretenus au même niveau : un parc de prestige, un espace d'accompagnement de voirie et une prairie fleurie relèvent de codes différents. La collectivité attend que vous sachiez lire son plan de gestion — et que vous proposiez des niveaux d'intervention, pas une fréquence unique.

S'y ajoute la biodiversité : fauche tardive, refuges, gestion des déchets verts par compostage ou broyage sur site, protection des arbres.

Les preuves attendues

  • Le calendrier d'entretien annuel, espace par espace : tontes, tailles, désherbage alternatif, arrosage, ramassage de feuilles. Il doit être saisonnier et cohérent avec le climat local.
  • Les techniques alternatives au désherbage chimique — thermique, mécanique, paillage, plantes couvre-sol — avec leurs conditions d'emploi et leurs limites. Reconnaître qu'une technique a des limites est plus crédible que de les taire.
  • Les certificats de qualification et, quand des traitements restent possibles, le Certiphyto des agents.
  • Le matériel — et sa motorisation. Le passage à l'électrique ou aux carburants alternatifs est de plus en plus noté.
  • La gestion des déchets verts — broyage et réemploi en paillage sur site, compostage, ou évacuation en filière. Le réemploi rapporte.

Les erreurs propres au secteur

  • Proposer une fréquence unique pour tous les espaces. C'est le signe qu'on n'a pas lu le plan de gestion différenciée.
  • Un calendrier hors saison. Une taille d'arbre annoncée en pleine période de nidification, ou une fauche au mauvais moment, montre une méconnaissance du métier.
  • Traiter la biodiversité en une phrase générique. C'est devenu un sous-critère à part entière : trois lignes n'y suffisent plus.
  • Oublier la sécurité des usagers. On travaille dans des parcs ouverts, des cours d'école, des abords de voirie : balisage, horaires, projection de débris.
  • Sous-estimer l'arrosage et la reprise des végétaux sur les marchés incluant des plantations, où la garantie de reprise est souvent contractuelle.

Un exemple de trame adaptée

Pour un marché d'entretien d'espaces verts communaux :

  • compréhension : typologie des espaces, plan de gestion différenciée, usages et fréquentation ;
  • niveaux d'entretien proposés par typologie, avec justification ;
  • calendrier annuel espace par espace, saisonnalisé ;
  • techniques alternatives au désherbage chimique, et leurs limites ;
  • biodiversité : fauche tardive, refuges, protection des sujets remarquables ;
  • déchets verts : broyage, paillage sur site, compostage, filières ;
  • moyens humains, qualifications, matériels et motorisation ;
  • sécurité des usagers et information de la commune ;
  • références sur collectivités comparables, avec contacts.

Cette trame vaut pour un marché communal courant. Elle ne dit pas quels niveaux d'entretien proposer sur les espaces de votre consultation, ni comment votre acheteur pondère la biodiversité face au coût — ça se lit dans son plan de gestion et son règlement.

Faire relire votre mémoire technique

Un consultant du secteur le reprend avant dépôt.