Le mémoire technique dans les marchés de bâtiment
Qualibat, RGE, garantie décennale, plan d'assurance qualité : ce que les maîtres d'ouvrage vérifient dans un mémoire de bâtiment.
Écrit par les consultants d'Asta Partners qui suivent les marchés de travaux. Le bâtiment est le secteur où le mémoire technique pèse le plus lourd, et celui où les dossiers sont le plus souvent écartés pour des motifs de forme.
Ce que ce secteur exige en plus
Trois éléments sont propres au bâtiment et n'apparaissent nulle part ailleurs :
- Le plan d'assurance qualité. Souvent la pièce la plus notée, et la plus bâclée. Il décrit comment vous sécurisez l'exécution : points d'arrêt, contrôles, traitement des non-conformités.
- La gestion des interfaces. Un chantier de bâtiment est alloti : votre lot dépend de ceux qui passent avant et conditionne ceux qui passent après. Un mémoire qui ignore les autres corps d'état signale une entreprise qui travaillera en silo.
- Le site occupé. Réhabilitation d'école, de logements ou d'EHPAD en fonctionnement : les contraintes d'horaires, de bruit, de poussière et de coactivité avec les usagers sont souvent un sous-critère à elles seules.
Les preuves attendues
Les qualifications se citent par leur code exact. La nomenclature Qualibat est fine, et un acheteur qui exige un code précis n'accepte pas automatiquement la famille voisine.
Attention néanmoins : un acheteur ne peut pas exiger une certification nominative sans accepter les moyens de preuve équivalents. Si vous avez la compétence sans le label, démontrez-la — références de même nature, CV des compagnons, moyens matériels. C'est un droit peu utilisé, et souvent décisif pour une entreprise récente.
Côté assurances, la garantie décennale doit mentionner les activités réellement couvertes : une décennale « maçonnerie » ne couvre pas une reprise de charpente. Et la période de couverture doit englober la durée du chantier, pas la date de dépôt.
Les erreurs propres au secteur
- Mélanger neuf, réhabilitation et VRD. Ce sont trois métiers aux codes différents. Une référence de construction neuve pèse peu sur un marché de réhabilitation en site occupé.
- Un PAQ générique. S'il ne cite ni le site, ni les autres lots, ni une contrainte réelle du chantier, il est identifié immédiatement.
- Des références de plus de cinq ans. L'équipe qui a réalisé le chantier n'est probablement plus la même — l'acheteur le sait.
- Un planning décorrélé des moyens. Un délai tenu sur le papier avec un effectif que le bordereau de prix ne finance pas.
- L'oubli du PPSPS ou des habilitations quand le règlement les demande en pièce jointe.
Un exemple de trame adaptée
Sur un marché de réhabilitation en site occupé, la trame que nous utilisons suit généralement cet ordre — sous réserve, toujours, des sous-critères du règlement :
- compréhension du site et de ses contraintes d'exploitation ;
- organisation de l'encadrement et effectifs affectés, nommément ;
- phasage détaillé, avec les périodes d'intervention compatibles avec l'occupation ;
- plan d'assurance qualité : points d'arrêt, autocontrôles, levée des réserves ;
- sécurité et coactivité : accueil, balisage, interfaces avec les autres lots ;
- nuisances : bruit, poussière, accès, propreté, gestion des déchets ;
- références comparables en réhabilitation occupée, avec contacts.
Ces exigences sont celles du secteur. Elles ne disent pas ce que votre règlement de consultation attend précisément, ni comment démontrer une équivalence quand un code Qualibat vous manque — deux points que nous vérifions avant d'engager la rédaction.
Faire relire votre mémoire technique
Un consultant du secteur le reprend avant dépôt.